dévastation


dévastation

dévastation [ devastasjɔ̃ ] n. f.
XIVe, rare av. 1690; lat. devastatio
Action de dévaster ( destruction, pillage, ravage); son résultat ( dégât, ruine). Les dévastations de la guerre. « l'état de dévastation où se trouvait son manoir » (Gautier).

dévastation nom féminin (bas latin devastatio, -onis) Action de dévaster ; ravages : Dévastation causée aux cultures par la grêle.dévastation (synonymes) nom féminin (bas latin devastatio, -onis) Action de dévaster ; ravages
Synonymes :
- dégât
- déprédation

dévastation
n. f. Action de dévaster; son résultat. Les dévastations dues aux guerres. Syn. ravage.

⇒DÉVASTATION, subst. fém.
Action de dévaster; son résultat.
A.— [Correspond à dévaster A; l'obj. de l'action est un lieu (ses richesses, sa population); l'agent est un animé ou une force humaine ou naturelle] Synon. dégât, destruction, ravage, ruine. C'est à l'ineptie et aux vices du gouvernement que nous devons (...) ces concussions, ces extorsions, ces dévastations qui ne cessent de nous dévorer (MARAT, Pamphlets, Supplément de l'Offrande à la Patrie, 1789, p. 44). De la dévastation la terre reste comme écrasée avec ses fruits et comme consumée (PESQUIDOUX, Livre raison, 1928, p. 178). L'attitude des populations civiles, si conscientes aujourd'hui des dévastations nucléaires possibles, serait un facteur important de la guerre future (GOLDSCHMIDT, Avent. atom., 1962, p. 185).
Emploi abs. Là-bas, le pays plonge dans le deuil, la dévastation, l'horreur (GIDE, Journal, 1914, p. 498).
SYNT. Énorme, immense dévastation; dévastation chronique, circonscrite, complète, entière, générale, inévitable, irréparable, systématique; dévastation animale, forestière, végétale; dévastation des campagnes, des environs, des provinces, des villes; dévastation des biens, du domaine, des possessions de qqn, des églises, des forêts, des récoltes; dévastation de l'archevêché, de l'évêché, du jardin, du plateau, du village; état, scène, spectacle, traces de dévastation; accomplir, multiplier des dévastations; commettre, continuer la dévastation; échapper, être livré, survivre à la dévastation; être préservé de, victime de la dévastation; subir une dévastation; causer, déterminer, entraîner des dévastations.
P. méton. Lieu dévasté. Ici repose la plus vieille tristesse du monde : un soleil implacable épandu sur une large dévastation (BARRÈS, Une Enquête aux pays du Levant, t. 2, 1923, p. 21) :
... le grouillement d'une foule disparate, la fuite des sinistrés, l'agitation des pompiers et des sauveteurs, les squelettes chancelants des édifices, les amas de fer tordus (...). Au coin de la rue Saint-Sauveur, brusquement, parmi la foule, Samuel se heurta à sa femme et à sa fille, qui erraient au milieu de cette dévastation.
VAN DER MEERSCH, Invasion 14, 1935, p. 14.
P. anal., littér. Ah! les infortunés [princes]! (...) ils préparent (...) la dévastation de l'avenir (HUGO, Actes et paroles, 4, 1885, p. 393). La mystique surhumaine autorise toutes les dévastations temporelles (BEAUVOIR, Le Deuxième sexe, t. 1, 1949, p. 330).
B.— [Correspond à dévaster B; l'obj. de l'action est l'être humain] Au fig., vieilli ou littér. Synon. destruction, détérioration, ravage, ruine.
Au physique. [La cause est physique ou morale] Il vit sur ses traits la même dévastation; il vit la mort inscrite en lui, ainsi qu'en elle (ROLLAND, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1404). Qu'au premier regard elle voie d'elle ce qu'elle n'a jamais vu ni prévu, qu'elle voie sur elle la défaite, la dévastation, la débauche (GIRAUDOUX, Lucrèce, 1944, p. 82).
Au moral. [L'agent est gén. une passion, un sentiment] C'est une sorte de dévastation de l'être sentant et pensant (PESQUIDOUX, Livre raison, 1932, p. 131). Il n'y a que l'amour qui résiste à cette dévastation générale du doute (GREEN, Journal, 1950-54, p. 30).
Rem. On trouve ds la docum. une attest. d'un autre dér. de dévaster : dévastement, subst. masc., littér. Action de dévaster; son résultat. La force, qu'autrefois le poète tenait En bride, blanc cheval ailé qui rayonnait, La force, maintenant, la force, c'est la bête Féroce bondissante et folle et toujours prête À tout carnage, à tout dévastement, à tout Égorgement, d'un bout du monde à l'autre bout! (VERLAINE, Poèmes saturn., 1866, p. 59).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1718-1932. Étymol. et Hist. XIVe s. [éd. 1531] (RAOUL DE PRESLES, Cité de Dieu, I, 33 ds R. Hist. litt. Fr., t. 10, 1903, p. 322); 1502 (J. d'Auton ds DG), rare av. 1690 (FUR.). Empr. au b. lat. devastatio « ravage, dévastation ». Fréq. abs. littér. :177.

dévastation [devastɑsjɔ̃] n. f.
ÉTYM. XIVe, rare av. 1690; lat. devastatio, du supin de devastare. → Dévaster.
1 Action de dévaster ( Destruction, massacre, pillage, ravage); son résultat ( Dégât, désolation, ruine). || La dévastation d'un pays par ses occupants. || Dévastations causées par les inondations (→ Abattre, cit. 22; carnage, cit. 6). || Les dévastations de la guerre. || Scène, spectacle de dévastation. || Commettre, subir, entraîner des dévastations. || De terribles, d'irréparables dévastations.
1 Depuis la dévastation de l'Amérique, les Espagnols, qui ont pris la place de ses anciens habitants, n'ont pu la repeupler; au contraire (…) les destructeurs se détruisent eux-mêmes, et se consument tous les jours.
Montesquieu, Lettres persanes, 122.
2 Comment la lave (…) se répand comme un déluge de feu, portant partout la dévastation et la mort.
Buffon, Hist. nat. des minéraux, t. III, p. 69.
3 Quand vint l'aurore, Sigognac fut plus frappé qu'il ne l'avait été la veille de l'état de dévastation où se trouvait son manoir. Le jour n'a pas de compassion pour les ruines et les vieilleries; il en montre cruellement les pauvretés, les rides, les taches, les décolorations, les poussières, les moisissures (…)
Th. Gautier, le Capitaine Fracasse, t. II, XIX, p. 289.
2 Fig. et littér. || La dévastation d'un visage, des traits; d'un être, d'une conscience.

Encyclopédie Universelle. 2012.